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Comment Sanofi Aramon tend vers l'objectif zéro émission, zéro rejet

03/09/2020 - Santé, sécurité, environnement

Ac­teur im­por­tant du pôle chi­mie de Sa­nofi, l’usine gar­doise du groupe (900 sa­la­riés, siège à Ara­mon) pré­voit plu­sieurs in­ves­tis­se­ments des­ti­nés, en grande par­tie, à ré­duire en­core da­van­tage son im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment.

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OBJECTIF: se rap­pro­cher du zéro émis­sion, zéro rejet. Denis Lar­geau, di­rec­teur du site Sa­nofi Chi­mie Ara­mon, s’est en­tre­tenu avec La Lettre M.

Quelles sont les spé­cia­li­tés de l’usine d’Ara­mon ?

Notre site fait par­tie des af­faires In­dus­trielles du groupe, au sein du pôle chi­mie. Nous pro­dui­sons des prin­cipes ac­tifs phar­ma­ceu­tiques. Nous ne fai­sons pas de R&D, nous dis­po­sons d’un centre de dé­ve­lop­pe­ment qui tra­vaille en tant que sup­port à la pro­duc­tion.

Si le groupe Sa­nofi réus­sit à mettre au point un vac­cin contre la Co­vid-19, Sa­nofi Ara­mon est-elle sus­cep­tible d’in­ter­ve­nir dans sa pro­duc­tion ?
Non, nous ne fa­bri­quons pas de vac­cins. C’est la mis­sion de Sa­nofi Pas­teur.

Faites-vous par­tie du pro­jet de re­struc­tu­ra­tion de Sa­nofi via la créa­tion d’une nou­velle en­tité ?
Nous ne fai­sons pas par­tie du pro­jet de créa­tion d’une nou­velle en­tité. Par ailleurs, en deux ans, nous avons ti­tu­la­risé en CDI plus de 100 per­sonnes. C’est une vo­lonté de la di­rec­tion na­tio­nale, mais aussi de la di­rec­tion des res­sources hu­maines ici à Ara­mon. En 2021, ce rythme d’em­bauches en CDI de­vrait tou­te­fois ra­len­tir. Dif­fi­cile à ce jour de quan­ti­fier nos pro­jets de re­cru­te­ments pour 2021.

En termes d’in­ves­tis­se­ments, quels sont vos pro­jets ?

De­puis cinq-six ans, nous in­ves­tis­sons tous les ans entre 10 et 20 M€. Ces bud­gets sont in­jec­tés pour fi­nan­cer de nou­veaux pro­jets mais aussi des tra­vaux des­ti­nés à la mise en confor­mité et la mo­der­ni­sa­tion de nos ins­tal­la­tions, que ce soit sur le plan de la sé­cu­rité, de la qua­lité ou de l’en­vi­ron­ne­ment.

Ainsi, il y a un an et demi, nous avons consa­cré 5 M€ à la construc­tion d’une unité de re­cy­clage des sol­vants, dans l’ob­jec­tif de ré­duire notre im­pact en­vi­ron­ne­men­tal. Cette année, nous dé­dions 3 M€ à la réa­li­sa­tion d’un “back up“ de l’in­ci­né­ra­teur afin d’ar­ri­ver à zéro émis­sion sur la par­tie gaz. L’unité de­vrait être ef­fec­tive à la fin du pre­mier tri­mestre 2021. Nous se­rons les seuls en France à dis­po­ser d’une telle unité.
Il y a aussi un im­por­tant pro­jet au ni­veau de la sta­tion d’épu­ra­tion. L’ac­tuelle per­met déjà de trai­ter tous les ef­fluents d’une ville de la taille d’Avi­gnon. Les tra­vaux que nous pré­voyons per­met­tront d’ajou­ter un trai­te­ment aux char­bons ac­tifs en sor­tie de sta­tion afin d’ap­pro­cher le zéro rejet. Le chan­tier de­vrait dé­bu­ter cou­rant 2021. Il est es­timé entre 700 et 800 k€.
Nous al­lons éga­le­ment re­voir toute notre unité de trai­te­ment des eaux ali­men­tant le site. L’en­ve­loppe bud­gé­taire dé­passe le mil­lion d’eu­ros. Lan­cés cette année, les tra­vaux de­vraient s’ache­ver en 2021.

Toutes ces dé­penses visent à la ré­duc­tion de votre im­pact en­vi­ron­ne­men­tal…
En effet. De­puis 2005, nous avons d’ailleurs ré­duit notre consom­ma­tion d’eau de 75 %. Notre ob­jec­tif est de pro­duire pro­pre­ment et de ma­nière lo­cale. D’ailleurs, nous tra­vaillons aussi, en par­te­na­riat avec EDF et la Clean­tech Val­lée (Sa­nofi en est un membre fon­da­teur, NDLR), à la créa­tion d’un parc pho­to­vol­taïque qui sera situé à côté de notre usine. Ce sera notre plus gros pro­jet d’ex­ten­sion. Le futur parc por­tera sur en­vi­ron 40 000 m2. Nous sou­hai­tons pas­ser une par­tie en au­to­con­som­ma­tion. Les tra­vaux pour­raient com­men­cer en 2022.

Avez-vous éga­le­ment des in­ves­tis­se­ments en vue ne por­tant pas sur la ré­duc­tion de votre im­pact en­vi­ron­ne­men­tal ?

Oui. Cette année nous avons com­mencé la syn­thèse d’un nou­veau pro­duit des­tiné au pôle on­co­lo­gie du groupe. Il s’agit d’un trai­te­ment en phase 3 d’étude cli­nique, il n’est pas en­core com­mer­cia­lisé. C’est un trai­te­ment oral qui amé­lio­re­rait consi­dé­ra­ble­ment le confort des pa­tients. Plus de 3,5 M€ ont déjà été in­ves­tis cette année par notre site pour as­su­rer une par­tie de la syn­thèse de ce pro­duit. D’autres dé­penses sont à pré­voir en fonc­tion de l’is­sue des dif­fé­rentes étapes d’études cli­niques et de de­mande d’au­to­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché.

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